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Lecture: Le chant des légendes perdues de M.H. Ayinde

  • Photo du rédacteur: aclyrae
    aclyrae
  • 10 mai
  • 3 min de lecture

J'ai lu ce roman en lecture commune et je pourrais nommer cet article "Ou ce qu'il ne faut pas faire en worldbuilding selon moi." J'attendais beaucoup de ce roman notamment sur l'univers qui mélange la religion yoruba, l'influence des Philippines et beaucoup de références à l'Afrique. On sort du spectre européen et j'avais vraiment l'espoir d'apprendre, de sortir d'un cadre et là-dessus, je n'ai pas été déçue. En revanche, ce mélange n'a pas fonctionné qui tient en un mot: trop.


Alors oui certaines lecteurices vont défendre le roman en disant que justement c'est génial, il y a plein de choses et que si on n'aime pas, on n'a pas compris. Au-delà de ça, et en tant qu'autrice, j'y vois un défaut majeur et une piste de réflexion: comment et quand donner les informations nécessaires aux lecteurices ?


Parce que oui, c'est là pour moi que le bât blesse dans ce roman. Les informations arrivent parfois quand elles ne sont pas nécessaires et elles n'arrivent parfois pas quand elles le sont. Ce qui rend un roman, pour moi, brouillon, compliqué et décevant. Au final, on perd plus de temps à essayer de démêler l'intrigue qu'à s'attacher aux personnages, à s'inquiéter pour eux et ça, pour moi, c'est rédhibitoire. Alors oui, le fait qu'il y ait des termes, des concepts que je ne connaisse pas joue aussi sûrement. Mais il faut prendre en compte que si on écrit de la fantasy, dans tous les cas, il y aura des éléments à expliquer aux lecteurices.


C'est un équilibre complexe que de savoir à quel moment divulguer son univers. A l'inverse d'Ayinde, l'autrice de Le chant des légendes perdues, je suis une vraie radine. J'adore inventer des mondes, créer tout une mythologie, décider de règles complexes, donner de l'ampleur à ma création. Cependant, donner l'information au moment où elle va se révéler pertinente est compliquée, notamment à cause de ce qu'on nomme l'infodump.


En français, c'est ce qu'on traduit par la surcharge informative. En général, on le voit arriver, c'est ce dialogue où deux personnages se parlent et se donnent des informations que chacun connaît déjà ... Autrement dit, c'est juste là pour informer les lecteurices, mais c'est ridicule et un peu gros. Perso, j'ai l'infodump en horreur. Mon éditrice me l'a d'ailleurs reprochée, à raison, car trouver le moment où donner l'information est complexe. Il faut identifier cet instant en parfait équilibre, ces personnages qui n'ont pas l'information, comment la donner et comment l'insérer. Bref, un jeu d'acrobate.


Ce livre me rappelle mes propres défauts et m'interroge. J'essaye de plus en plus de donner les informations quand elles sont nécessaires et maintenant, dans mes synopsis, j'intègre ce que les lecteurices doivent apprendre pour justement éviter de ne pas avoir l'information ou d'en avoir trop ! Et pour moi, c'est le travail des auteurices, mais aussi des éditeurices que de savoir jongler. Le travail doit venir certes un peu des lecteurices, quand même, mais la majorité du boulot doit venir d'un travail en amont. Ce n'est pas possible de se retrouver avec un roman aussi fouillis en termes d'informations et de passer à côté de la lecture. Et pour moi c'est sûrement le plus frustrant; à force de me concentrer sur des éléments, je n'ai pas pu me concentrer sur les personnages, sur ce qu'ils vivaient ou ce qu'ils ressentaient.

 
 
 

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