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Les corrections éditoriales de Nasteris

  • Photo du rédacteur: aclyrae
    aclyrae
  • 8 avr.
  • 6 min de lecture
Illustration par Kent Davis
Illustration par Kent Davis

Le monde de l'édition reste mal connu par le public. C'est une constatation que je fais depuis des années dans mon entourage qui lit, mais qui s'y connaît peu dans le domaine (ce qui est normal). C'est pourquoi, je me suis dit que parler des étapes des corrections édito pourrait être intéressant, d'autant que je suis en plein dedans !


1ère étape: l'attente. Parce que quand on envoie un manuscrit à une maison d'éditions, on attend. Six mois, un an et parfois, aucune réponse ne vient. Et c'est frustrant. Les ME sont débordées et beaucoup se contentent d'un refus type, à se demander même s'ils ont lu quelques pages. Bien sûr, c'est impossible de lire tous les romans présentés, mais c'est désespérant de n'obtenir aucune réponse et se dire qu'on a potentiellement écrit quelque chose qui n'en vaut pas la peine. Pour Nasteris, j'ai eu des refus, des silences, mais venant de ma ME, j'ai attendu environ trois mois, ce qui est un délai court dans le monde de l'édition !


2ème étape: le rendez-vous édito. Un jour de juillet, j'ai eu une réponse de ma maison d'éditions. Je passe les détails, mais c'était vraiment une journée pourrie et je n'avais pas la force de m'encaisser un refus. Je n'ai donc ouvert le mail que le lendemain et là ... J'ai sauté de joie. Nasteris avait tapé dans l'oeil de la ME et les éditrices me proposaient un rendez-vous pour en parler. J'ai évidemment accepté et commencé à me renseigner sur les contrats, les modalités et ce que je ne voulais surtout pas. Même si c'est une joie d'être éditée, il faut prendre en considération plein d'éléments et ne pas se précipiter. Pour moi trois éléments étaient rédhibitoires:

  • si la couverture était réalisée par IA. Il était important pour moi que de vrais artistes travaillent sur mon roman, refusant moi-même de m'aider de l'IA dans mon travail d'écriture.

  • si le livre n'était pas distribué en librairies. Parce que certaines petites ME ne laissent leurs romans que sur leur site, par manque de moyens. Je l'entends parfaitement, ce sont des frais de passer par des distributeurs ... mais ça rapporte aussi des lecteurices. Un livre dans une librairie a plus de chance d'attirer l'attention de gens qui ne connaissent pas le roman ou la ME que sur un site qu'on ne connaît pas... et qu'on ne visite donc pas.

  • si le courant ne passait pas. Ca paraît une évidence, mais je marche au feeling. Et j'avais peur quand j'ai accepté le rendez-vous. Peur que ça soit des personnes froides, peur que je ne me sente pas en confiance, peur des retours.

Vous vous vous en doutez, ces trois éléments ont été balayés du revers de la main: pas d'IA et un droit de regard (autrement dit, j'ai un avis sur la couverture), une distribution en librairie et des personnes humaines, qui ont vraiment lu (parce que pour me sortir des prénoms comme Yngerame ou Vakis, il faut l'avoir lu !) et apprécié mon roman. Le fait que le rendez-vous m'ait exposé des points autant positifs que négatifs était important; aucun roman n'est parfait et n'avoir aucune piste d'amélioration peut être suspect. Si ce rendez-vous présageait du bon, les éditrices avaient aussi été claires avec moi: elles voulaient me rencontrer aussi avant de signer, ne me promettant rien. J'ai beaucoup aimé cette franchise, leurs retours et le fait d'avoir de la matière pour retravailler Nasteris si cela ne fonctionnait pas. Il faut savoir que les retours détaillés de ME sont très rares. Alors en recevoir un avec, peut-être, un contrat à la clef et mes exigences ci-dessus acceptées, c'était énorme !


3ème étape: le contrat et le rendu de manuscrit. Suite au rendez-vous édito, ne sachant pas si oui ou non j'allais décrocher ce contrat, j'ai noté tous les retours que les éditrices m'avaient fait; cela m'aiderait si finalement elles n'acceptaient pas Nasteris et que je devais refaire des envois. Et au final, après quelques semaines, le contrat était là ! J'étais tellement débordée par le boulot (le tourisme en août, ça y va) et par tout le côté juridique que ce sont les éditrices elles-mêmes qui m'ont relancée ! Il faut savoir que pour signer un contrat d'édition, il faut notifier une date de rendu de manuscrit. J'ai négocié la date car je partais en vacances. Résultat, j'ai signé mon contrat d'édition à Prague ! Le premier rendu de manuscrit a demandé du travail, mais demeurait correct pour le temps que j'avais. Il s'agissait de renforcer les points positifs et de travailler sur quelques aspects à améliorer.


4ème étape: la correction de fond. Et là, on rentre dans le vif du problème. Suite à mon rendu de manuscrit, j'avais pas mal d'éléments de fond à corriger. Le fond, c'est tout ce qui ne concerne pas la forme: les personnages, l'univers, les incohérences liées à tout ça, les passages mal écrits ou à retravailler etc. Ca peut aller du petit élément comme le personnage brun qui devient blond à un moment à des détails plus importants. Le plus gros problème à gérer reste ce qu'on nomme les plot holes ou les incohérences de scénario. Récemment, j'ai repris les cours de Sanderson, un auteur américain très connu, qui disait que les livres en avaient forcément, surtout en imaginaire; mais qu'il ne fallait pas que ces incohérences empêchent les lecteurices de continuer (exemple, le cas des aigles volants dans le Seigneur des Anneaux a perturbé beaucoup de gens). Suite au retour de mon éditrice, j'en avais pas moins de 3, une relation plus que secondaire, mais bancale à retravailler ... et 3 semaines de boulot. Je ne m'étais pas replongée dans l'univers de Nasteris depuis un moment et j'ai un peu paniqué face à la masse de travail. Au final, j'ai réussi à m'organiser et le plus dur reste d'accepter qu'on ne peut pas réécrire tout le manuscrit. Et c'est la peur que j'ai eu face aux 3 plot holes: trouver une solution sans devoir remanier tout le roman. Je pense avoir réussi à trouver des idées cohérentes qui ont même amélioré le texte.

Pour la romance, je n'en suis pas une adepte et elle n'est pas centrale DU TOUT dans l'intrigue, mais vraiment en second plan. Tout allait trop vite au début, avant de trouver un rythme de croisière assez lent. J'ai dû effectuer beaucoup de réécritures dans cette correction. Tant et si bien qu'à la fin, je n'arrivais plus à m'y retrouver. J'ai donc fait le meilleur choix: relire mon texte sur la tablette. C'est une amie d'écriture qui fait ça pour avoir un regard de lectrice et non pas d'autrice, et ça m'a beaucoup aidé ! C'était une étape très longue, mais nécessaire pour la centaine de commentaires de mon éditrice. Et encore 100 commentaires sur un roman de plus de 400 pages A4, c'est peu. J'ai rendu cette étape et j'attends désormais de savoir si ce travail que j'ai effectué a été judicieux. Je sais aussi qu'il faudra passer par une autre correction de fond, au moins pour écrémer tout ce que j'ai fait, certaines propositions et certains passages.


5ème étape: la correction ortho-typo ou la forme. J'adore écrire, mais je déteste la grammaire. C'est plein de règles compliquées et d'exceptions. Malgré ça, je ne suis pas trop mauvaise sur cette partie. En revanche, un regard extérieur est toujours très important; une coquille, une faute, un mauvais mot peut arriver facilement et à force de se relire, le cerveau colmate les erreurs. Ce n'est pas l'étape la plus fun, mais elle est nécessaire. Pour être honnête, c'est sûrement l'étape qui me stresse le moins. Mes éditrices m'avaient dit que le manuscrit était déjà plus que correct là-dessus et j'ai profité de ma relecture complète pour chasser les erreurs, les répétitions et les lourdeurs que j'ai pu croisé. Évidemment, d'autres ont dû se créer avec mes réécritures, mais c'est une étape qui permet de vraiment perfectionner le tout, d'offrir un bel écrin pour l'histoire. Le roman ayant été écrit en 2023, mon style a quelque peu évolué depuis. Mais encore une fois, je ne peux pas réécrire tout le manuscrit, donc il faut s'adapter.


6ème étape: la relecture finale. C'est le moment où on déteste son texte, où on déteste ses personnages et où on en peut plus, en général. Heureusement, je n'en suis pas encore là et j'espère que ça ne m'arrivera pas (je me suis encore sentie très vide après ma 4ème étape, encore plus attachée à mes personnages). Cette dernière relecture est essentielle pour éviter les dernières coquilles même si la plupart des livres édités en ont toujours une ou deux qui traînent parce que oui nous sommes humains et non, nous ne sommes pas invincibles.


Et après ? Et bien après, il n'y a plus qu'à croiser les doigts et espérer que le roman trouve son public !


 
 
 

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