Lecture: Le sang de la cité de Guillaume Chamanadjian
- aclyrae

- 15 avr.
- 3 min de lecture

Je ne peux pas ne pas parler de ce petit bijou de fantasy que j'ai tenu entre les mains. Je ne me souviens même plus d'où j'ai entendu parlé de cet auteur et je ne crois même pas que c'était de ce roman. Mais cette année, j'ai décidé de lire plus d'auteurices francophones imaginaire. Parce que j'en ai marre d'arriver dans les librairies généralistes et de voir autant de traductions et si peu d'écrivains francophones sur les rayons !
J'ai tout aimé dans ce roman. Et c'est rare ! J'ai adoré la plume qui m'a rappelé celle de mon auteur préféré (Jean-Philippe Jaworski), mais en plus abordable. J'ai adoré les personnages qui restent humains et fidèles à leurs valeurs. J'ai adoré la fantasy aventure, où la magie est finalement assez peu présente. J'ai surtout adoré le fait qu'on se retrouve dans une ville et non pas dans un royaume entier.
J'ai trouvé ce changement de perspective extrêmement frais. En fantasy, on a l'habitude des cartes de pays, de royaumes gigantesques et moi-même je suis partisane de tous ces aspects, d'autant que j'écris beaucoup de fantasy aventure. Mais pas ici. Tout se réduit à l'échelle de la Cité, Gemina, dans une foule de couleurs, nourritures, personnages, rues et c'est ce qui m'a embarquée. Mon seul regret était de ne pas avoir une carte adaptée. Le personnage principal est un commis livreur et j'ai aimé suivre ses allers-retours dans les rues, entre les boutiques, les étals et j'aurais adoré pouvoir visionner ça sur une carte.
Le sang de la cité m'a questionné sur mon propre rapport à la fantasy. Contrairement à ce que l'on croit, ce n'est pas parce qu'on écrit de la fantasy, qu'il y a de la magie à gogo. C'est même totalement l'inverse dans mes écrits ou chez mon auteur préféré. A partir du moment on l'on est dans un univers imaginaire, il s'agit de fantasy. Ce que j'aime dans ce que j'appelle la fantasy aventure, c'est que les personnages sont humains. Ils ne sont pas surpuissants, ils font parfois des choix catastrophiques et lourds de conséquence. C'est le cas dans ce roman où le personnage de Nox pourrait céder et devenir comme les antagonistes ... Mais ce n'est pas le cas. Il ne cède pas à la facilité, il refuse de devenir comme eux et j'en ai été soulagée.
J'ai aussi été ravie de ne pas avoir de romance dans cette histoire. Je l'avoue, je ne suis pas une fan de romantasy et de moins en moins. C'est un genre très populaire qui fleurit sur les réseaux sociaux, sur les étagères et qui prend, à mon goût, trop d'ampleur. Il devient difficile de trouver une fantasy sans romance comme intrigue principale. Bien sûr, si le genre est si actif, c'est qu'il est vendu. Et s'il est vendu, c'est que ça fonctionne ! Simplement, je n'adhère pas et je suis toujours ravie de découvrir des fantasy qui sortent un peu de ce lot et qui peuvent m'inspirer pour mes propres romans.
Parce qu'évidemment, Le sang de la cité m'a profondément inspirée. J'ai repensé à ce viiiiieux projet abandonné que j'avais dans mes dossiers, une sorte de fantasy inspirée de l'Italie et surtout de Lorenzaccio. Parce que oui, bac littéraire oblige, j'ai quand même quelques références classiques. Alors je ne reprendrais pas l'ossature de de ce projet qui est trop brouillon, mais je pense garder quelques idées comme mes quatre personnages, l'influence italienne et bigarrée. Dans Le sang de la cité, j'ai aussi beaucoup aimé l'aspect cuisine, nourriture qui est un élément qu'on retrouve assez peu dans les univers de fantasy. Je n'avais jamais trop songé à orienter ma construction d'univers sur cet aspect qui est, dans mon écriture, trop insignifiant. Mais j'aime me poser des questions sur mes propres écrits, les mettre en perspective face à ces romans géniaux ... et voir tout le chemin qu'il me reste encore à explorer en tant qu'autrice !



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